Toulouse : Une mère et ses enfants comoriens vivaient dans la rue jusqu’à ce qu’une femme les viennent en aide.

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« Quand j’ai appris que des enfants scolarisés dormaient dans la rue, se lavaient comme ils pouvaient et grignotaient plutôt que de manger, j’ai été tellement chamboulée que j’en ai pleuré ».

La mère comorienne et les enfants franco-comoriens dormaient sur un banc
Cette mère de famille toulousaine, qui élève seule ses deux enfants, n’est pas une militante des droits des sans-papiers. Cette cadre commerciale « qui gagne bien (sa) vie » confie être plutôt de droite et ne pas s’être naturellement tournée vers les personnes en difficulté. Mais il y a des limites. Fin juin, cette Toulousaine, que nous appellerons Aurore pour préserver son anonymat, a été frappée d’apprendre lors de la fête de fin d’année de l’école d’un de ses enfants, que deux de ses camarades dormaient dehors depuis 3 semaines avec leur maman.

La mère est originaire des Comores et les enfants sont franco-comoriens. Ils sont arrivés en France en août 2015 à Castres (Tarn) avant de rejoindre Toulouse. La petite famille est hébergée dans l’exiguë chambre universitaire de l’une des grandes soeurs des deux enfants, en toute illégalité. Puis, de centres d’accueil en chambres d’hôtels, Asna (là aussi, le prénom a été changé) et ses deux enfants vont se retrouver à la rue, dormant sur un banc, pendant trois semaines, quelque part dans la rue, à Toulouse.

« Je devais empêcher que ces enfants continuent de dormir dehors »
« Je me suis demandée ce que je pouvais faire pour eux, raconte Aurore, et ce que je devais faire c’était d’empêcher que ces enfants continuent de dormir dehors. J’ai alors décidé de les héberger en transformant le bureau de ma maison en chambre à coucher ». Asna s’installe donc chez Aurore début juillet avec le plus petit de ses enfants, âgé de 10 ans, le plus grand ayant repris le chemin de Castres chez une autre soeur, après une crise d’asthme.

« La maman a été opérée il y a quelques temps à Toulouse pour un problème de thiroïde, continue Aurore, les enfants vont obtenir bientôt une carte d’identité, ils ont la CMU, ils sont scolarisés, mais la préfecture vient de refuser le renouvellement du visa de leur mère et maintenant on met toute la famille à la rue avant de vouloir renvoyer la maman ! ». « On accueille des gens et après on les fout dehors ! » s’emporte-t-elle.

Asna et son fils vont vivre ainsi pendant 4 jours au domicile d’Aurore et de ses enfants. Depuis quelques jours, avec l’aide d’Aurore, ils occupent le logement d’un étudiant parti en vacances, moyennant un modique loyer, payé en partie par la maman toulousaine. Mais que va-t-il se passer à la rentrée ? « En septembre, explique Aurore, Asna et ses enfants ne retourneront pas à l’hôtel ou dans la rue. Si c’est le cas, je les reprendrai chez moi ». Aurore explique aussi avoir fait ce geste parce que la situation s’y prêtait : Asna est une maman seule, francophone, avec des enfants très bons élèves. Pas sûr, reconnaît-elle qu’elle aurait franchi le pas avec une autre situation familiale.

« Je ne fais pas ça pour être dans la lumière »
Selon les associations, le numéro d’urgence, le 115, refuse actuellement 200 personnes par jour, faute de places. Il y aurait début juillet une soixantaine de famille avec enfants chaque nuit dans les rues de Toulouse. En théorie, les familles qui ont déposé une demande d’asile peuvent bénéficier d’un logement d’urgence. Mais les budgets de la préfecture en chambres d’hôtels ont été divisés par deux et les foyers sont saturés.

Source : Francetvinfo

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