Paris : il transmet le SIDA à sa petite amie et lui cache de peur qu’elle ne le quitte

Inès doit désormais vivre avec le virus du sida… à cause du manque de scrupules de son ex-petit ami. Richard, 36 ans, a été mis en examen vendredi dernier à Paris pour « administration de substance nuisible », « harcèlement » et « envois réitérés de messages malveillants ». L’homme a été remis en liberté mais placé sous contrôle judiciaire.



Tout commence fin 2016, lorsque cette femme de 25 ans sort catastrophée d’un laboratoire d’analyses médicales de Rouen (Seine-Maritime). Les résultats des tests qu’elle y a effectués sont sans appel : elle a contracté le VIH. Elle appelle son ancien petit ami parisien pour le prévenir et tenter d’obtenir une explication.



Celui-ci lui avoue alors spontanément qu’il lui a caché sa séropositivité alors qu’il se sait contaminé depuis au moins dix ans. Inès pousse la porte du commissariat de sa ville et dépose plainte contre Richard. Le dossier est transmis aux enquêteurs du premier district de police judiciaire parisienne, car le suspect habite la capitale.

Un ex-toxicomane connu pour violences et vols.

Mercredi dernier, le jeune homme a été convoqué boulevard Bessières avant d’être placé en garde à vue. Il est interrogé durant quarante-huit heures et passe aux aveux complets. « Il soutient qu’il était tellement amoureux de cette jeune femme, explique une source proche de l’affaire, qu’il n’aurait pas osé lui avouer sa séropositivité, de peur de la perdre. » Il invoque aussi l’amour pour justifier les nombreux messages harcelants et désagréables qu’il lui avait adressés après leur rupture.

Richard a le profil d’un ex-toxicomane. Il apparaît dans les archives de la police pour des dossiers anciens de violences, vol dans des voitures, cambriolage et infraction à la législation liée aux stupéfiants, commis entre 1987 et 2006. Il a exercé le métier de tatoueur avant de perdre son travail. Selon nos informations, après une période de chômage, il travaillerait aujourd’hui dans un salon spécialisé dans le piercing. Il a trouvé une nouvelle compagne à qui il a, cette fois-ci, avoué son état de santé.

Pour l’heure, ce dossier ne comporte qu’une plainte, mais la suite des investigations menées par le juge permettra de lever le doute sur la possibilité d’autres contaminations volontaires.

Des peines de prison déjà prononcées pour des faits similaires.

Cinq affaires similaires ont défrayé la chronique judiciaire ces dernières années. La peine la plus lourde a été prononcée en octobre 2014 par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône. Un homme de 40 ans a écopé d’une peine de douze ans de prison pour avoir transmis le sida à cinq femmes alors qu’il avait déjà été condamné pour des faits similaires. En janvier 2014, un homme de 51 ans a été condamné à cinq ans de prison dont trois avec sursis pour avoir transmis, en 2004 à Bondy (Seine-Saint-Denis), le virus du sida à sa compagne. En mars 2014, un homme a été condamné par le tribunal correctionnel de Toulon (Var) à huit ans de prison pour avoir, entre 2007 et 2012, transmis le virus à sa femme. Trois ans plus tôt, en mars 2011, la cour d’assises de Strasbourg (Bas-Rhin) avait infligé cinq ans de prison dont trois fermes à un homme pour des faits identiques. Enfin, en octobre 2011, à Paris, neuf ans d’emprisonnement ont été prononcés contre un jeune homme qui avait contaminé son ancienne petite amie.

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