Haïti ne veut plus de mariage homosexuel, le sénat a voté contre.

Le sénat haïtien a voté une proposition de loi qui interdit le mariage aux couples de même sexe ainsi que toute promotion de l’homosexualité à travers le pays, marqué par une profonde emprise religieuse. Le texte voté mardi 1er aout précise que « les auteurs, co-auteurs et complices » d’un mariage entre deux personnes de même sexe risquent une peine de trois ans de prison ferme et une amende d’environ 7 000 euros. Cette nouvelle loi bannit également « toutes manifestations publiques d’appui à l’homosexualité et de prosélytisme en faveur de tels actes ». En cas d’infraction, seule la police et la justice peuvent agir, indique en outre le texte.

Si, sur la question du mariage, le texte de loi ne fait que renforcer le code civil haïtien, qui n’autorise pour l’heure que l’union d’un homme et d’une femme, un des articles bannit de l’espace public « toutes manifestations publiques d’appui à l’homosexualité et de prosélytisme en faveur de tels actes ». C’est cette formulation, juridiquement ambiguë, qui suscite le plus d’inquiétude auprès des homosexuels haïtiens.

« On considère ça comme un attentat contre la communauté LGBT », se désole Charlot Jeudy, président de l’association Kouraj, qui défend les droits des personnes homosexuels et trans. « Ce texte divise notre société, ça renforce les préjugés et les discriminations: c’est dommage ».

Ce vote du sénat ne surprend aucun observateur de la vie socioculturelle en Haïti. Ce pays n’est pas prêt à dépénaliser l’homosexualité, il suffit pour s’en convaincre de revenir sur l’annonce en Septembre 2016 du Festival Massi-Madi qui avait suscité moult réactions, et notamment des protestations. Des représentants de plusieurs secteurs avaient levé la voix pour dire « NON » à ce festival. Le cas de l’Église Catholique, qui fixe sa position sur les pratiques homosexuelles en Haïti. Dans une note qu’elle avait publiée, la Conférence Épiscopale d’Haïti, regroupant Évêques et Archevêques, avait insisté sur l’importance du mariage et de la famille dans la promotion des valeurs morales, humaines et spirituelles. L’homosexualité, « une atteinte grave aux fondements éthiques et anthropologiques de la vie, de la famille et de l’éducation ».

Pour l’Église protestante, « l’homosexualité est un péché contre-nature… ». Cependant, elle se prononce contre toutes formes de violences contre les LGBTI, qui doivent jouir eux aussi de leurs droits. Selon les protestants, les Homos peuvent changer et être acceptés, si et seulement si ils adoptent une nouvelle attitude : « Nous sommes prêts à les accueillir, les aider à changer leur mode de vie à travers la prière », déclarent-ils.

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